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OUISTREHAM

Distribué par @mementodistrib


Manu DUBOIS présente d'équipe gagnante de 48hProjet Toulouse Que le Meilleur Vende. Il animé le débat en présence de l'équipe du court-métrage.

 

Christian VALADE présente OUISTREHAM d'Émmanuel Carrère  avec Juliette Binoche, Hélène Lambert, Léa Carne, distribué par Mémento, sort le 12 janvier 2022.

 

L’envie d’aller vers les autres et de découvrir leur histoire, Emmanuel Carrère l’a lui-même en tant qu’écrivain. D’autres vies que la mienne l’a montré. Dans les pas d’une Binoche, son film trouve tout naturellement une voie documentaire pour entrer dans des existences qu’on ne peut connaître qu’en les partageant. On y trouve alors une place dans un cercle de solidarité qui marche à l’amitié et permet de faire face aux difficultés matérielles sans avoir à crier misère. Cette union, Emmanuel Carrère nous y donne une place à nous aussi, spectateurs, et on en est vivement émus. 

 

Avec une générosité à la Ken Loach, Emmanuel Carrère s’empare de questions sociales pour y puiser des expériences humaines. Se projeter dans l’Autre, c’est une forme d’engagement utile, éclairant. C’est une manière unique de comprendre la société, ses fractures. 

En faisant surgir la peur de l’imposture, le réalisateur s’engage lui aussi, avec ses obsessions personnelles. Et il introduit peu à peu un questionnement très honnête sur la possibilité de jeter vraiment des ponts entre des vies différentes. 

 

Sur le ferry, le passage entre France et Grande-Bretagne se fait de nuit, comme en eaux troubles. Comme si rallier l’Autre était aussi incertain que d’atteindre l’autre rive. Jusque dans sa distribution qui réunit une star et des non-professionnels emmenés par la percutante Hélène Lambert, l’interprète de Christelle, Ouistreham est une magnifique interrogation sur ce qu’est le partage aujourd’hui.

 

Ce film vous aura plu. Vous pouvez le revoir Dimanche 14 novembre à 11h ou à partir du 22 janvier 2022.

 

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Commentaires: 1
  • #1

    Alain (lundi, 08 novembre 2021 12:30)

    Une dure existence laborieuse adoucie par la solidarité ouvrière et entrecoupée par un rapprochement amical avec Christèle (Hélène Lambert), une mère de deux enfants dont l’écrivaine a secrètement décidé de faire le portrait. Mais les bonnes intentions soigneusement dissimulées par l’infiltrée ("j’en ai marre d’entendre parler de la précarité de façon abstraite, je veux rendre visible les invisibles, comprendre") ne sont-elles pas une forme de trahison ?

    En modifiant la trajectoire du livre afin d’y injecter une dimension affective (que Florence Aubenas avait soigneusement évitée, par déontologie), Emmanuel Carrère ouvre le film à une dimension plus empathique et mélodramatique, un choix qui a ses bonnes raisons narratives, mais qui peut prêter à discussion, générant un peu d’artificialité dans un tableau qui respire globalement la vérité (notamment grâce à l’ensemble de ses interprètes, pétris d’humanité). Filmant dans une tonalité volontairement classique et évitant la surenchère et l’âpreté afin de mieux restituer un monde social dont les banales difficultés parlent d’elles-mêmes, le réalisateur ne démérite pas, signant un long métrage qui pourra transmettre un sujet important à un large public.